La France manque d’infirmiers. 60 000 postes restent vacants aujourd’hui, et les projections de la DREES anticipent un besoin de 821 000 infirmiers en activité d’ici 2050, soit 37 % de plus qu’actuellement. Dans ce contexte tendu, la voie de l’apprentissage attire de plus en plus de candidats, d’autant que la formation infirmière vient d’être profondément réformée pour la rentrée de septembre 2026.
L’apprentissage infirmier : comment ça fonctionne concrètement
Depuis la levée des quotas d’apprentissage dans les formations de santé en 2020, il est possible de préparer le diplôme d’État infirmier en alternance. Pour en bénéficier, deux conditions s’appliquent : avoir moins de 30 ans au moment de la signature du contrat, et être accepté dans un IFSI agréé par un Centre de Formation d’Apprentis. Pour voir la formation proposée par l’AFPC, organisme basé dans les Hauts-de-France, les modalités d’accès et le partenariat avec les IFSI de la région y sont détaillés.
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Un point mérite attention : la plupart des contrats d’apprentissage débutent en 2e ou 3e année. La raison est simple. À la fin de la 1re année d’IFSI, les étudiants obtiennent l’équivalence du diplôme d’aide-soignant, ce qui ouvre la porte au contrat. Seule exception : les aides-soignants en reprise d’études, qui peuvent commencer l’apprentissage dès la première année.
Sur le plan pratique, les apprentis suivent la même formation que leurs camarades en cursus classique, cours et stages compris. Ils consacrent en plus environ 20 à 30 heures par mois à leur établissement d’accueil, principalement les week-ends et pendant les vacances scolaires, sans heures de soirée.
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Des avantages financiers réels, pour l’apprenti comme pour l’employeur
Le principal atout de cette voie reste financier. La formation est prise en charge intégralement, sans frais de scolarité pour l’apprenti. En échange, celui-ci perçoit une rémunération progressive selon l’âge et l’année d’études, exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC. Il bénéficie également du statut de salarié à part entière : cinq semaines de congés payés, cotisation retraite dès le premier jour, ancienneté comptabilisée.
Du côté des employeurs, l’intérêt est aussi bien réel. Un apprenti intégré à l’équipe depuis plusieurs mois est opérationnel bien plus vite qu’un jeune diplômé issu du cursus classique, pour lequel une période d’adaptation d’environ six mois est généralement nécessaire.
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La réforme 2026 : une formation plus exigeante et mieux reconnue
La rentrée de septembre 2026 marque un tournant. L’arrêté du 20 février 2026, pris dans le sillage de la loi du 27 juin 2025 sur l’évolution de la profession infirmière, remplace un référentiel pédagogique vieux de 15 ans. Le volume horaire passe de 4 200 à 4 620 heures sur trois ans, avec 66 semaines de stage au lieu de 60. Les stages en psychiatrie et en santé de l’enfant deviennent obligatoires.
Surtout, le diplôme sera désormais délivré par les universités accréditées, ce qui consolide l’inscription de la formation dans l’enseignement supérieur et ouvre des perspectives de poursuite vers des masters. La loi de 2025 élargit par ailleurs les missions des infirmiers : consultation infirmière, diagnostic infirmier, possibilité de prescrire certains examens et médicaments selon une liste fixée par arrêté. Les patients peuvent également accéder directement à un infirmier pour le suivi de plaies complexes, sans ordonnance préalable.
Dans ce contexte de forte demande et de revalorisation du métier, l’apprentissage s’impose comme une voie sérieuse pour intégrer la profession avec un pied dans la réalité du terrain dès la formation.

