Opération de chirurgie et grossesse : c’est possible ?

La question de l’intervention chirurgicale pendant une grossesse est une préoccupation tout à fait légitime, puisque cette période est délicate pour toute future maman. Elle l’est d’autant plus si vous êtes sujette à une pathologie qui nécessite d’être traitée de façon urgente. Dans quels cas une opération de chirurgie est-elle possible alors que vous attendez un enfant ? Découvrez-en plus sur les précautions à prendre dans le cas et le type d’anesthésie qui sera pratiquée.

Peut-on subir certaines opérations quand on est enceinte ?

La question de la possibilité d’une intervention chirurgicale pendant leur grossesse préoccupe de nombreuses femmes enceintes. Entre complications, accidents et risque de mort fœtale, elles ont de quoi être anxieuses. Dans la pratique, il faut distinguer plusieurs cas de figure.

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Les conditions pour une opération de chirurgie durant la grossesse

Il est tout à fait possible de subir des opérations chirurgicales alors même que vous êtes enceinte. Si les cas d’opération alors que vous attendez un enfant sont rares, ils existent quand même. De telles interventions impliquent de prendre certaines précautions. Les interventions chirurgicales majeures présentent en effet des risques, tant pour la future mère que pour l’enfant à naître. Cela est d’autant plus vrai s’il s’agit d’une chirurgie abdominale.

Pour ce type d’intervention sur une femme enceinte, il faut craindre deux menaces importantes : le risque d’accouchement prématuré et l’hypothèse d’une mort fœtale. Pour cette raison, dans la mesure du possible, le chirurgien peut différer l’opération. Si elle ne peut pas être reportée, l’intervention reste toutefois possible. Une chirurgie en pleine grossesse nécessite cependant l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire : chirurgien, anesthésiste et gynécologue-obstétricien. L’idée est de pouvoir s’assurer de l’adaptation des soins de support et de l’anesthésie. De plus, il faudra maintenir la pression artérielle et l’oxygénation à des valeurs normales.

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opération chirurgie grossesse

Exemple d’un professionnel à Paris en prothèse du genou pratiquant une opération chirurgicale sur une femme enceinte.

Quelques exemples d’opérations admises lorsque vous êtes enceinte

Pendant votre grossesse, vous pouvez subir une chirurgie de la hanche et du genou. Ce type d’intervention est en effet plutôt bien toléré par la femme enceinte et le fœtus. Elle doit néanmoins être réalisée par un professionnel en chirurgie orthopédique et idéalement assisté d’un obstétricien afin de prévenir tout risque. On retrouve également d’autres interventions qui, malgré leur localisation délicate, sont tolérées et parfois nécessaires au cours d’une grossesse.

Si elle est plus fréquente en période post-partum, une appendicite peut par exemple survenir pendant le développement du fœtus. Dans ce cas, il est possible et obligatoire de réaliser une appendicectomie. Autrement, il y aurait rupture de l’appendice, ce qui peut être fatal pour la mère et le fœtus. Le diagnostic d’une appendicite durant la grossesse n’est toutefois pas toujours facile, puisque les douleurs qui la caractérisent semblent identiques aux contractions utérines. D’autres interventions sont possibles, à condition d’être réalisées par une équipe expérimentée composée de plusieurs spécialistes. Parmi elles, on retrouve notamment :

  • les kystes ovariens non cancéreux,
  • l’occlusion intestinale qui peut provoquer une fausse couche,
  • le cerclage du col,
  • les interventions de chirurgie cardiaque et de neurochirurgie (très rares).

Lorsqu’elles sont bien réalisées, à la suite d’un bilan de santé pointu, ces opérations de chirurgie ne présentent que très peu de risques pour la mère et le bébé. Si l’opération chirurgicale ne peut pas être reportée après l’accouchement, elle doit être réalisée idéalement pendant le second trimestre de la grossesse.

Peut-on subir une opération de chirurgie après une grossesse ?

Cela est possible, mais il est judicieux de rester prudent, compte tenu des nombreuses modifications que subit le corps de la femme après un accouchement. Les opérations au niveau de l’abdomen, par exemple, doivent être reportées à 6 mois ou 1 an après l’accouchement, sauf pour un cas d’extrême urgence.

Une appendicite non diagnostiquée pendant la grossesse, mais qui évolue rapidement, doit être sectionnée dans les meilleurs délais après l’accouchement. Il en est de même pour les pathologies de la vésicule traitées durant la grossesse, mais sans amélioration évidente. Si le pronostic vital de la mère n’est pas enclenché, toute intervention post-partum peut être reportée dans des délais raisonnables. Il convient de suivre attentivement l’évolution de la pathologie.

Anesthésie générale ou anesthésie locale ?

L’anesthésiste fait partie des spécialistes qui doivent intervenir dans l’hypothèse d’une chirurgie pendant la grossesse. Il peut pratiquer une anesthésie générale ou locale.

L’anesthésie générale de la femme enceinte

Si une chirurgie s’avère nécessaire pour la femme enceinte, l’anesthésiste peut pratiquer une anesthésie générale. Cette option est souvent envisagée pour les interventions délicates comme l’appendicectomie ou les kystes. Elle plonge la femme enceinte dans un état d’endormissement et d’inconscience totale. Il faut toutefois être prudent et particulièrement attentif. Une maîtrise de la physiologie de la grossesse est nécessaire pour interpréter les manifestations post-anesthésie, qui peuvent varier d’une future mère à l’autre.

À la suite d’une anesthésie générale, il est possible d’observer chez la femme enceinte une hypoxémie causée par des modifications cardiorespiratoires, des régurgitations et des inhalations selon les cas. En ce qui concerne le fœtus, si le risque de toxicité et de souffrance fœtale ne doit pas être perdu de vue, ceux-ci restent minimes. Dans tous les cas, la participation d’un obstétricien à l’opération est requise.

anesthésie femme enceinte

L’anesthésie locale durant une grossesse

Certains anesthésistes préconisent l’anesthésie locorégionale pour la femme enceinte, notamment lorsque l’anesthésie générale présente des risques importants pour la future mère et son bébé. L’anesthésie locale implique un endormissement des nerfs innervant une partie du corps, généralement celle où l’opération doit être réalisée. Elle vise à empêcher les douleurs de la femme enceinte et à la garder en plein état de conscience durant toute l’intervention.

L’anesthésie locale doit être privilégiée dans la mesure du possible. Elle favorise la stabilité hémodynamique et la prévention de l’hypoxémie chez la femme enceinte. Peu importe la situation, toute femme enceinte devant subir une intervention chirurgicale doit informer son chirurgien de son état de grossesse. De plus, elle doit faire part aux spécialistes de ses antécédents de chirurgie, afin qu’il puisse aviser objectivement sur la conduite à tenir.

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