Le CBD ne fait pas de miracles, il n’a pas non plus vocation à remplacer un traitement médical. Pourtant, il s’invite de plus en plus dans la conversation autour de l’arthrose. Cette molécule, extraite du cannabis, attire l’attention des personnes qui cherchent à soulager douleurs et raideurs sans passer par des substances à effet planant. Ici, pas de promesse de guérison, mais l’espoir concret d’une vie quotidienne un peu moins entravée.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de cerner ce qu’est réellement l’arthrose, de reconnaître les signaux d’alerte, et de comprendre pourquoi l’huile de CBD suscite autant d’intérêt chez ceux qui bataillent avec les douleurs articulaires.
Qu’est-ce que l’arthrose ?
L’arthrose est une affection rhumatismale qui attaque les articulations, les os et les ligaments. On la range dans la famille des arthrites, avec divers surnoms comme ostéoarthrose ou simplement ostéoarthrite. Pour donner une idée de l’ampleur : plus de 240 millions de personnes à travers le globe vivent avec l’arthrose, sous des formes et des intensités variées. Selon le NIAMS (l’Institut national des maladies musculosquelettiques et de la peau), elle domine largement chez les plus de 50 ans.
Le tableau clinique est marqué par une usure progressive du cartilage et des articulations, qui s’aggrave avec l’âge. Les mains, le cou, les genoux et les hanches figurent parmi les zones les plus souvent touchées. Cela peut se traduire par de l’inflammation, des déformations osseuses, et une mobilité réduite.
Dans la vie de tous les jours, l’arthrose se manifeste surtout par douleurs et gonflements localisés. Face à ce constat, le cannabis médical, et en particulier le CBD, est étudié pour ses propriétés anti-inflammatoires et antalgiques. Ici, seul le CBD retient notre attention.
Quel intérêt du CBD dans l’arthrose ?
Si la sécurité du CBD est aujourd’hui largement admise, la recherche clinique peine encore à suivre le rythme des témoignages recueillis. Les études en laboratoire, elles, laissent entrevoir un potentiel réel pour diminuer douleurs et inflammations chez les personnes souffrant de maladies articulaires dégénératives comme l’arthrose.
Dans les forums, groupes de patients ou cabinets médicaux, de nombreux malades rapportent une diminution notable de la douleur grâce à différentes formes de CBD : huiles, capsules, crèmes… Mais il manque encore des essais cliniques solides pour mesurer précisément l’ampleur de l’effet sur l’arthrose.
Du terrain émergent toutefois plusieurs bénéfices, identifiés par les patients eux-mêmes :
- Atténuation potentielle de la douleur articulaire
- Diminution possible du recours aux opiacés, grâce à une alternative non addictive
- Effets secondaires souvent plus légers que ceux des médicaments classiques
- Baisse probable de la consommation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Amélioration de la qualité du sommeil
Les médicaments standards sont souvent décevants face à l’érosion du cartilage, notamment parce que les récepteurs ciblés sont rares dans ces tissus. Or, les récepteurs endocannabinoïdes sont bien présents à ces endroits, ce qui explique pourquoi les produits à base de cannabinoïdes peuvent soutenir la prise en charge, même dans des cas d’arthrose avancée.
Le système endocannabinoïde joue un rôle de régulateur : il module la réponse immunitaire et protège l’organisme contre les conséquences de l’inflammation chronique.
Contrairement au THC, le CBD n’a aucun effet psychotrope : il ne provoque ni euphorie, ni altération de la perception, ni troubles de la coordination. Au contraire, il peut même atténuer certains effets indésirables du THC, grâce à ses propriétés anxiolytiques et calmantes.
Ce profil singulier fait du CBD l’un des cannabinoïdes les plus prometteurs pour un usage thérapeutique compatible avec le quotidien, même auprès de personnes sensibles ou réticentes au THC.
Beaucoup de patients arthrosiques se tournent vers le CBD pour tenter de soulager douleurs et inflammation.
Comment utiliser l’huile de CBD contre l’arthroseDÉCOUVREZ NOS HUILES
Du point de vue de la Canna Foundation :
« Les voies d’administration recommandées pour ces pathologies combinent action locale et générale. » Concrètement, cela suppose d’associer une application externe (crème, baume riche en CBD) à une prise sublinguale (huiles, gélules) ou à d’autres formes comme les aliments à base de CBD.
L’application locale du CBD ou du THC ne présente pas de risque d’effets psychoactifs car ces molécules ne passent pas dans la circulation sanguine. D’où une utilisation sûre et maîtrisable.
Dans tous les cas, il reste indispensable de consulter un professionnel de santé, à la fois pour s’assurer de la légalité du CBD dans son pays et pour bénéficier d’un accompagnement sur mesure.
Application : usage topique
Recouvrir la zone douloureuse avec la préparation, à raison de deux à trois applications par jour. Attention néanmoins : une utilisation excessive ou trop fréquente peut provoquer une irritation, selon la composition du produit.
Application : usage sublingual
La plupart des spécialistes recommandent de commencer par une dose faible (environ 3 mg de CBD, trois fois par jour), puis d’augmenter progressivement jusqu’à ressentir un effet concret. Il est conseillé de tenir un petit journal de bord pour noter l’évolution : douleurs, inconfort, effets indésirables éventuels…
En cas de doute sur la méthode sublinguale, vous trouverez des explications détaillées dans notre article sur les différentes façons d’utiliser le CBD.
Comment trouver la dose adaptée ?
Chaque personne réagit différemment au CBD. Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- Habitude ou non d’utiliser du cannabis
- Médicaments en cours
- Vitesse du métabolisme
- Âge et poids
- État psychique
- Disposition mentale
- Mode d’administration (sublingual, local, comestible, vaporisé, etc.)
Il convient de rappeler qu’aucune posologie universelle n’a été établie à ce jour. Le CBD est un composé naturel dont l’effet varie d’un organisme à l’autre. Les professionnels recommandent généralement un ajustement progressif, par paliers, jusqu’à trouver le dosage qui soulage sans inconfort.
Démarrer avec la plus petite dose possible, puis augmenter prudemment. Par exemple, 3 mg trois fois par jour, en répartissant bien les prises pour une meilleure efficacité. Si les résultats sont insuffisants (douleur persistante, inflammation non contrôlée), on augmente de 3 mg à la fois jusqu’à obtenir un effet notable.
Encore une fois, l’avis d’un professionnel de santé est nécessaire pour vérifier la conformité avec la réglementation locale et pour personnaliser le protocole d’utilisation.
« Le CBD apparaît comme un levier supplémentaire pour améliorer le quotidien des personnes affectées par l’arthrose. »
Points à surveiller lorsqu’on prend du CBD contre l’arthroseCONSULTEZ-NOUS !
Le CBD, est-ce sûr ?
Les études montrent que le cannabidiol n’est pas toxique, même à forte dose, même sur la durée. De plus, aucun effet de dépendance ou d’accoutumance n’a été observé chez l’humain. Le rapport de l’OMS est formel : à ce jour, le CBD pur ne présente pas de risque pour la santé publique. Pour plus d’informations, consultez notre article dédié à l’avis de l’OMS sur le CBD.
Effets secondaires possibles
Les réactions indésirables restent limitées et modérées : fatigue, somnolence, sécheresse buccale, maux de tête, vertiges, baisse de l’appétit peuvent survenir.
Précautions à prendre
Une vigilance accrue s’impose en cas de traitement médicamenteux en parallèle. Le CBD, lorsqu’il est ingéré, peut interagir avec d’autres substances et provoquer des réactions inattendues.
Dans quels cas le CBD n’est-il pas conseillé contre l’arthrose ?
Pour toute utilisation orale du CBD (non encadrée en Espagne), il est impératif de solliciter l’avis d’un médecin, surtout si un traitement médicamenteux est déjà en place.
Compatibilité avec les traitements habituels
Le CBD peut interagir avec certains médicaments utilisés dans l’arthrite. Par exemple, il renforce l’action des opiacés et peut conduire à réduire leur utilisation.
Il est indispensable d’en parler à votre médecin si vous prenez l’un des médicaments suivants : corticostéroïdes (comme la prednisone), tofacitinib, naproxène, célécoxib, tramadol, certains antidépresseurs (amitriptyline, citalopram, fluoxétine, mirtazapine, paroxétine, sertraline), ou des traitements de la fibromyalgie comme la gabapentine et la prégabaline.
Cette liste est issue de l’Arthritis Foundation.
Statut légal du CBD
La réglementation varie selon le pays et selon les formes de CBD :
- Usage sublingual (huiles de CBD)
- Usage topique (huiles, crèmes, baumes…)
- Usage oral (capsules, bonbons…)
- Usage inhalé (e-liquides, fleurs de CBD…)
En Espagne, seule l’application locale est autorisée. Les huiles, crèmes et baumes riches en CBD sont donc réservés à un usage externe. Pour les autres formats ou pour savoir ce qui s’applique dans votre pays, voir notre article dédié à la législation du CBD.
Article rédigé par Claudia Nicolás et Christina Schwertschlag
Relecture : Tommaso Bruscolini
Sources :
- Bab I, Zimmer A., Récepteurs aux cannabinoïdes, régulation de la masse osseuse. Br J Pharmacol. 2008 ; 153(2):182-188. doi:10.1038/sj.bjp.0707593
- Russo EB. Synergie potentielle des cannabinoïdes et effets d’entourage phytocannabinoïdes-terpénoïdes. Br J Pharmacol. 2011 ; 163(7):1344-1364. doi:10.1111/j.1476-5381.2011.01238.x
- de Mello Schier AR et al. Effets antidépresseurs et anxiolytiques du cannabidiol : un composant du Cannabis sativa. CNS Neurol Disord Drug Targets. 2014;13(6):953-960. doi:10.2174/1871527313666140612114838
- Yunze Li et al. La surrégulation de la NF-kB spinale contribue à l’hyperalgésie dans un modèle d’arthrose avancée chez le rat, Douleur moléculaire, 10.1177/1744806920905691, 16, (174480692090569), (2020).
- Rapport OMS sur le CBD
Face à l’arthrose, le CBD ne promet pas de tout effacer. Mais il trace une piste concrète pour ceux qui refusent de se résigner à la douleur. La suite s’écrira au fil des avancées scientifiques, et des histoires individuelles qui, chaque jour, dessinent de nouveaux possibles.



