Réduire naturellement le taux de sucre pendant la grossesse

Un chiffre tombe, sec et sans appel : entre 2 et 10 % des femmes enceintes reçoivent un diagnostic de diabète gestationnel. Chaque grossesse est jalonnée de rendez-vous médicaux, de dépistages, de contrôles. Parmi eux, la recherche du sucre dans les urines s’impose, dès la première consultation et à chaque suivi mensuel. En cas de résultat positif, ou si certains risques sont repérés, des analyses sanguines prennent le relais. Derrière ces chiffres, une réalité : le diabète gestationnel expose à des complications. Mais il existe une marge de manœuvre, et elle est réelle : l’alimentation fait partie du traitement.

De quelle pathologie est-il question ?

Le pancréas joue ici un rôle clé. Cet organe régule la production d’insuline, cette hormone qui permet aux cellules d’absorber le sucre circulant dans le sang. Lorsqu’on attend un enfant, le besoin d’insuline grimpe. Si le pancréas ne suit pas le rythme, la glycémie s’élève. Résultat : hyperglycémie. Autrement dit, le diabète gestationnel, qui surgit la plupart du temps au deuxième ou troisième trimestre.

Deux situations peuvent alors se présenter :

  • La grossesse révèle un diabète passé inaperçu jusque-là.
  • Le diabète s’installe seulement pendant la grossesse, puis disparaît après l’accouchement.

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Les signaux du corps ne sont pas à négliger. Plusieurs symptômes peuvent survenir :

  • Soif persistante ;
  • Envies pressantes d’uriner, parfois accompagnées d’infections urinaires à répétition ;
  • Fatigue importante, même après du repos ;
  • Vision qui se trouble ;
  • Nausées récurrentes.

Chez la femme enceinte, ces signes doivent être pris au sérieux. Il est alors recommandé d’en parler sans attendre avec le professionnel de santé qui suit la grossesse, afin de poser un diagnostic et d’agir vite.

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L’hyperglycémie, lorsqu’elle persiste, peut perturber le développement du bébé. Pour limiter ces risques, la gestion de l’apport en glucides devient centrale. Un moyen concret : tenir un journal alimentaire. Noter précisément les repas, jour après jour, rend le suivi plus simple et plus fiable.

Certaines habitudes sont à adopter au fil de la journée :

  • Fractionner les repas et prévoir des collations : trois repas légers, assortis de deux à quatre en-cas répartis sur la journée permettent d’éviter les pics de glycémie.
  • Limiter la quantité de glucides consommés à chaque repas.
  • Associer systématiquement glucides et protéines.
  • Ne pas sauter de repas : l’équilibre se joue aussi sur la régularité.
  • Miser sur un petit-déjeuner nourrissant, riche en protéines et en fibres.

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Privilégier les aliments à faible indice glycémique

Certaines catégories d’aliments permettent de maintenir une glycémie stable. Ce sont ceux qui affichent un indice glycémique bas.

Voici à quoi ils ressemblent :

  • Ils influencent peu la glycémie au cours des deux heures suivant le repas.
  • Ils se digèrent lentement, rassasiant sur la durée. À titre de comparaison, le pain blanc sert de référence (indice : 100).

Dans le cas du diabète gestationnel, on conseille des produits avec une charge glycémique proche de 10. Quelques exemples à intégrer au quotidien :

  • Pain de céréales, quinoa.
  • Légumes verts et légumes secs : pois, carottes, haricots, lentilles, pois chiches.
  • Fruits frais comme la pomme, l’orange, le pamplemousse, la poire (attention à la pastèque, qui fait grimper l’aiguille).

Qu’ajouter pour équilibrer ?

Pour composer des repas qui freinent les élévations de sucre sanguin, les aliments maigres et riches en protéines sont précieux. Parmi eux :

  • Poissons (saumon, sardines, thon).
  • Viandes blanches comme le poulet ou la dinde.
  • Œufs.

Des matières grasses sélectionnées

Pas question de bannir toutes les graisses. Certaines sont utiles, notamment les insaturées : elles fournissent de l’énergie sans alourdir la note glycémique. Pour assaisonner, plusieurs options sont à privilégier : huile d’arachide, graines de chia, huiles de maïs, de soja, ou de tournesol. Ces choix s’intègrent facilement dans une alimentation variée.

Quels aliments laisser de côté ?

Produits transformés et sucreries

Un écart ponctuel reste possible, mais au quotidien, il vaut mieux limiter au maximum gâteaux, confiseries, sodas, et jus de fruits industriels. Généralement très sucrés, ils font bondir la glycémie en un temps record.

À propos des féculents

Les pommes de terre, le riz blanc et les pâtes à base de farine raffinée sont à consommer avec modération. Leur indice glycémique élevé ne permet pas de les intégrer systématiquement aux repas.

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Retenir les bases : miser sur les fibres, préférer les aliments à faible indice glycémique, écarter les sucres simples. L’occasion aussi d’explorer de nouvelles recettes, de cuisiner davantage, et de privilégier les aliments bouillis ou crus, préparés maison. L’activité physique, même modérée, complète efficacement ces efforts. Tout cela contribue à garder le contrôle sur sa glycémie et à vivre neuf mois de grossesse avec énergie.

Juliette S., rédactrice scientifique

Source : Quel est le meilleur régime pour le diabète gestationnel. Actualités médicales aujourd’hui. Consulté le 28 novembre 2019.